LEXIQUE

Des titres des maîtres et dames selon le ROI

Confrérie de maitres brasseurs et distillateurs de Walonnie.

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Camérier
Chambellan
Echanson
Epistollier
Greffier
Médiateur
Ordonnateur
Céllerier
des Chartes
Echevin
Gonfalonnier
Hospitalier
Intercesseur
Ménestrel
Percepteur
Bailli
Connetable
Ecuyer
Factotum
Herault
Iconographe
Marguillier
Ménestrier
Prévot
Protonotaire
Requestes
Silentiaire
Scribouillard
Surintendant
Troubadour
Sénéchal
Des vacations
Précepteur Tribun Crédentier Dapifer Minnesinger Fabricien    

 

 


Camérier

celui qui gére les provisions.

A.−Au masc. Officier de la chambre du pape ou d'un cardinal. Camérier secret, camérier d'honneur : les honneurs lui étaient venus [au cardinal Boccanera] d'une façon toute naturelle, dus à sa naissance : consacré de la main même de Pie IX, fait plus tard chanoine de la Basilique vaticane et camérier secret participant, nommé marjodone après l'occupation italienne, et enfin cardinal en 1874. Depuis quatre ans, il était camerlingue...
Zola , Rome, 1896 , p. 58.


B.− Valet de chambre d'un haut personnage. Le camérier du roi ( Thierry , Récits des temps mérovingiens, t. 2 , 1840 , p. 57).
Au fém., rare. Femme de chambre d'une personne d'un certain rang social. Synon. camériste.Une femme, une sorte de gouvernante, cumulant les fonctions de cuisinière, de femme de charge et de camérière ( Ponson du Terrail , Rocambole, t. 1, L'Héritage mystérieux , 1859 , p. 403).

Chambellan

A.−HIST. Gentilhomme de la cour qui assurait le service de la chambre d'un prince. Chambellan de Lorraine, de France; chambellan de la couronne.Avec l'habit rouge et la clef dans le dos d'un premier chambellan ( Coppée , Prose, Contes en prose , 1882 , p. 171) : ... c'est un cortège de vieux chambellans, de vieux diplomates, de vieux ministres, c'est le caquet de l'antichambre d'un roi; ... Musset , Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, 1845 , p. 256.


Grand chambellan. Chargé du service de la chambre du roi ou de l'empereur, il était le plus élevé en dignité des chambellans. Grand chambellan sous l'Empire.
Rem. Désigne également le surintendant des finances du pape (cf. infra B).
P. métaph.− Tu devais être (...), le Chambellan de nos pleurs, tu devais les introduire près du Père ( Huysmans , Là-bas, t. 2 , 1891 , p. 164).
Rem. Rare. On rencontre le subst. fém. chambellane. Femme d'un chambellan (cf. Balzac, Lettres à l'Étrangère, t. 2, 1850, p. 272).
B.− Dignitaire de l'administration royale ou pontificale. Chambellan ordinaire du roi; chambellan du sacré collège; grand chambellan.

Echanson

A.−HIST. et MYTH. Officier qui était chargé de verser à boire à un dieu, à un roi ou à un seigneur. Bientôt Lycus se lève et fait emplir sa coupe, Et veut que l'échanson verse à toute la troupe ( Chénier , Bucoliques, 1794 , p. 207). L'échanson puisait, avec un godet de métal armé d'un long manche, le vin sombre et le vin transparent dans deux grands vases d'or ( Gautier , Rom. momie, 1858 , p. 235).
Grand échanson. Dignitaire d'un royaume auquel étaient dévolus certains privilèges


B.−P. ext. et p. plaisant. Personne qui sert à boire. L'heure du dîner me place à côté de vous; je suis votre échanson ( M. de Guérin , Corresp., 1837 , p. 277).
Rem. On relève dans la documentation. le subst. fém. échansonne. Jeune fille, femme qui verse à boire. Horrible vierge aux entrailles inaccessibles, verseuse de poison, échansonne de la mort, brute sublime! ( Bloy, Journal, 1894, p. 119).
Prononc. et Orth. : [e ʃɑ̃s ɔ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Fin xii e s. eschanson « officier chargé de servir à boire à la table d'un roi ou d'un prince »

Epistolier

ÉPISTOLIER, IÈRE, subst.
A.−Vieilli. Écrivain qui excelle dans l'art d'écrire des lettres. J'essayai de me consoler en relisant la lettre suivante que [Guez de] Balzac, l'épistolier, écrivait, (...) aux célèbres éditeurs ( Du Camp , Hollande, 1859 , p. 93). Aujourd'hui, à propos de M mede Sévigné, cet animal de Charles Blanc s'emporte à froid (...). Il ajoute que toutes les femmes écrivent aussi bien qu'elle et qu'il apportera la prochaine fois cent cinquante lettres de femmes qui valent les lettres de la très célèbre épistolière ( Goncourt , Journal, 1874 , p. 1024).
P. ext., fam. Personne qui écrit beaucoup de lettres ou qui en écrit volontiers. Les lettres que depuis huit jours il recevait de cette emme. Il avait affaire à une infatigable épistolière ( Huysmans , Là-bas, t. 1 , 1891 , p. 143). Christophe n'était pas un bon épistolier (...) il laissa tomber la correspondance ( Rolland , J.-Chr., Révolte , 1907 , p. 529).
B.−LITURG.,vx. Recueil liturgique comprenant les épîtres lues à la messe. Synon. épistolaire (vx); lectionnaire (usuel). L'« Épistolier », destiné au sous-diacre

Greffier

Fonctionnaire qui dirige les services du greffe et qui assiste le juge dans l'exercice de ses fonctions. Greffier de la cour de justice, du juge d'instruction, du juge de paix, du tribunal.Un greffier met par écrit les demandes du juge et les réponses des prévenus ( Balzac , Splend. et mis., 1856 , p. 465). V. aussi criée ex. :

Fernand (...) parut attendre que le juge lui adressât de nouveau la parole. Celui-ci quitta la cheminée et s'assit devant son bureau, tandis que le petit homme gras, qui n'était autre qu'un greffier, s'apprêtait à écrire minutieusement chaque parole qui sortirait de la bouche de l'accusé.

Médiateur

(Personne ou chose) qui sert d'intermédiaire, de lien entre deux ou plusieurs entités. Synon. intermédiaire.Souvent l'abeille sans sexe est involontairement la médiatrice de leurs [fleurs] amours ( Bern. de St - P., Harm. nat., 1814 , p.74). Un sol où la terre jaune s'émiette et se disperse en alluvions, accueille dans le Ho-Nan, province médiatrice entre les deux régions de la Chine, Cathay et Manzi, les immigrants venus l'Ouest ou du Nord ( Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum., 1921 , p.59):

1. Dans une société sans classes et dont la structure interne serait la révolution permanente, l'écrivain pourrait être médiateur de tous et sa contestation de principe pourrait précéder ou accompagner les changements de fait.

Ordonnateur

A. − Personne qui ordonne, met en ordre, dispose selon un certain ordre. L'abbé de la Roquette était, aux eaux, l'ordonnateur de toutes les fêtes, l'ame de tous les plaisirs ( Jouy , Hermite, t.4 , 1813 , p.122). −Quel charmant appartement! C'est de votre goût? lui disait Madame Desmarets. Birotteau osa mentir en lui laissant croire qu'il en était l'ordonnateur ( Balzac , C. Birotteau , 1837 , p.212): . C'est un théâtre [le théâtre balinais] qui élimine l'auteur au profit de ce que dans notre jargon occidental du théâtre, nous appellerions le metteur en scène; mais celui-ci devient une sorte d'ordonnateur magique, un maître de cérémonies sacrées.

Cellérier

Vieilli[Dans les ordres monastiques] Religieux, religieuse chargé(e) de l'approvisionnement du cellier, de la nourriture et des dépenses de la communauté. Synon. intendant, économe.Le père cellérier et le père hôtelier ( Huysmans , L'Oblat, t. 2 , 1903 , p. 165) : l'abbesse . − Ma sœur Françoise-Claire est cellérière et ne peut partir sur l'heure, sans avoir mis en ordre les affaires et les comptes.

Des chartes

1.Au Moy. Âge. Acte authentique consignant des droits, des privilèges, généralement accordés par un suzerain. Charte d'affranchissement, de dotation à une abbaye.Les chartes communales, (...) purs traités de paix entre les bourgeois et leur seigneur ( Guizot , Hist. gén. de la civilisation en Europe, 1828 , p. 23) :

1. La régente Blanche de Castille avait ordonné la poursuite et les sanctions : les maîtres de l'Université vinrent en délégation lui présenter leurs doléances, soutenant que le pouvoir civil avait violé la charte de Philippe Auguste qui concédait à l'Université le privilège, pour chacun de ses membres, de ne relever que de la justice ecclésiastique.
Faral , La Vie quotidienne au temps de St Louis, 1942 , p. 203.

École* des chartes, p. ell. les Chartes.Simon qui était avec nous à Louis-le-Grand et qui est entré aux Chartes ( Nizan , La Conspiration, 1938 , p. 68).
Trésor* des chartes.
Rem. La docum. atteste un ex. où le mot est synon. de contrat : chartes d'assurance ( Balzac, L'Illustre Gaudissart, 1834, p. 6).
2.Spéc. Ensemble de lois constitutionnelles octroyées par un souverain. Les inévitables meurtrissures du joug social appelé Contrat par Rousseau, Constitution par ceux-ci, Charte par ceux-là ( Balzac , Les Paysans, 1 re part. , 1844 , p. 169) :

2. Le roi, dit-on, a octroyé à ses sujets une charte constitutionnelle. Il serait plus vrai de dire qu'il la leur a laissé prendre; car il n'a cédé que devant une insurrection. La charte n'est pas un présent d'Othon, mais une conquête de Kalergi.
About , La Grèce contemporaine, 1854 , p. 346.

Grande Charte (d'Angleterre). Accordée par Jean sans Terre en 1215. Les lairds de la Grande-Charte ( Chateaubriand , Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1 , 1848 , p. 507) :

3. Jamais, sans doute, ces mêmes Anglais n'auraient demandé la Grande Charte, si les privilèges de la nation n'avaient pas été violés; mais jamais aussi ils ne l'auraient demandée, si les privilèges n'avaient pas existé avant la Charte.
J. de Maistre , Des Constitutions pol. et des autres institutions hum., 1810 , p. 35.

Charte (constitutionnelle). Accordée par Louis XVIII en 1814, modifiée en 1830 par Louis-Philippe :

4. Il n'y eut qu'une chose que Louis xviii n'accepta pas : c'était le caractère conditionnel de cette constitution. D'une charte imposée, qui l'eût diminué, qui eût soumis son pouvoir à toutes sortes d'exigences et de capitulations successives, comme il était arrivé à Louis xvi , il fit une charte accordée, « octroyée ».
Bainville , Histoire de France, t. 2 , 1924 , p. 140.

B.−P. ext. Règle fondamentale; ensemble de principes fondamentaux d'une institution officielle. La Charte des Nations-Unies.La déclaration Churchill-Roosevelt, intitulée « Charte de l'Atlantique » ( De Gaulle , Mémoires de guerre, 1954 , p. 478).
P. métaph.L'évangélique parabole, qui devrait être l'unique charte de l'humanité : « soutenez-vous, et aimez-vous les uns les autres » ( Murger , Scènes de la vie de bohème, 1851 , p. 44). La paix de Westphalie (...) devait rester pendant un siècle et demi la charte de l'Europe ( Bainville , Histoire de France, t. 1 , 1924 , p. 213) :

5. La méthode, après tout, n'est-elle point la charte d'un empire du nombre dont nous voyons à présent toutes les ambitions, si nous n'en voyons encore toute la puissance?

échevin

MOY. ÂGE.
1. Magistrat élu par les bourgeois ou l'ensemble des habitants, pour s'occuper des affaires communales. L'échevin de la ville.Sous son évêque même, Metz était libre, comme Liège, comme Lyon; elle avait son échevin, ses Treize, ainsi que Strasbourg ( Michelet , Tableau de la France, 1833-61 , p. 58).
2. Membre du corps municipal. Maison, palais, tribunal des échevins.Et ce prévôt, assisté des échevins, secondé par des fonctionnaires, préside, en organisateur et en juge, à la vie du commerce ( Faral , Vie temps St-Louis, 1942 , p. 60). La municipalité, composée d'un maire et six ou huit échevins ( J. d'Avout , Le Meurtre d'Étienne Marcel, Paris, Gallimard , 1960 , p. 32).
Littér.Quand vous avez entrevu les splendeurs du Louvre, en faisant deux pas vous pouvez voir les haillons de cet ignoble pan de maisons situées entre le quai de la Tournelle et l'Hôtel-Dieu, que les modernes échevins s'occupent en ce moment de faire disparaître ( Balzac , M mede La Chanterie, 1850 , p. 216) : ces éternels préfets, ces éternels maires, ces éternels capitouls, ces éternels échevins, ces éternels complimenteurs du soleil levant ou du lampion allumé, qui arrivent le lendemain du succès, au vainqueur, au triomphateur (...) souriants, épanouis, apportant dans des plats les clefs de leurs villes...
Hugo , Napoléon le Petit, 1852 , p. 48.
B.−Régional
1. [Belgique et Pays-Bas] Adjoint du bourgmestre (cf. M. Piron ds Mél. Imbs (P.) 1973, p. 299).
2. [Canada] Conseiller municipal (attesté ds Pt Rob. 2 e éd.).

gonfalonnier

HIST. Bannière terminée par plusieurs fanons, suspendue à un fer de lance, sous laquelle venaient se ranger les vassaux d'un seigneur en temps de guerre. Synon. enseigne, oriflamme.Aigles et gonfalons au vent ( Hugo , Rhin, 1842 , p. 293). Jacques Molay, grand maître de la chevalerie du temple, à cheval, et casqué de fer, haussant un gonfalon ( Adam , Enf. Aust., 1902 , p. 119).
En partic.
1. Bannière de l'Église qu'on arborait pour lever des troupes; bannière ecclésiastique. Mais l'épée (...) de capitaine général des milices pontificales devant laquelle s'inclinait le gonfalon de l'Église, son frère (...) la tenait ( A. France , Vie littér., 1892 , p. 51).
2. Bannière des républiques italiennes. Le gonfalonier était le gardien du gonfalon, ou étendard, dans les communes médiévales italiennes, surtout en Toscane ( Encyclop. univ., 1975 , p. 799).
B. −HÉRALD. ,,Meuble d'armoiries, qui a trois manipules ou trois pendants, nommés fanons, arrondis en demi-cercles`` ( Grandm. 1852 ). Quand on lui eut dit les noms des quartiers qui correspondaient à ces gonfanons, aux brillants émaux, elle s'émerveilla de ces armoiries parlantes, rébus décoratifs ( Péladan , Vice supr., 1884 , p. 10).

hospitalier

(Personne) qui appartenait à certains ordres militaires, astreints aux trois vœux monacaux, qui prenaient soin des pèlerins en Terre Sainte. Frères hospitaliers de saint Jean de Jérusalem.C'est précisément l'époque des croisades qui donnèrent naissance aux hospitaliers, aux templiers et à l'ordre teutonique ( Chateaubr. , Génie, t. 2 , 1803 , p. 473) : =

1. Dupuy prend le titre de grand-maître, divise les hospitaliers en chevaliers, pour assurer les chemins aux pélerins et pour combattre les infidèles, en chapelains (...) et en frères servans, qui devoient aussi prendre les armes.
Chateaubr. , Génie, t. 2 , 1803 p. 475.

En partic.
1.Les chevaliers de Malte sont religieux hospitaliers. On dit subst. en ce sens les hospitaliers (Ac.).Il m'appelait alors son frère hospitalier, le chevalier de Malte de Sainte-Hélène ( Las Cases , Mémor. Ste-Hélène, t. 2 , 1823 , p. 225).
2.Grand hospitalier (de l'Ordre de Malte). ,,Le troisième en dignité après le grand maître, et dont l'office est de présider à l'hôpital de l'île`` ( Littré ). Le Grand Hospitalier est toujours le Pilier de l'Auberge de France et il jouit des plus grands privilèges ( C.-E. Engel , L'Ordre de Malte en Méditerranée, Monaco, éd. du Rocher , 1957 , p. 157).
B. − (Personne) appartenant à certains ordres religieux qui soignent les malades dans les hôpitaux. Sœurs hospitalières.Auguste Villiers de l'Isle-Adam est mort le 18 août 1886 (...) chez les frères hospitaliers de Saint-Jean de Dieu ( A. France , Vie littér., 1891 , p. 120).
P. ext. (Personne) qui prend soin des malades dans les hôpitaux, à l'occasion d'un pèlerinage. La jeune madame Désagneaux (...) laissait depuis trois ans son mari à Trouville (...) pour accompagner le pèlerinage national, en qualité de dame hospitalière ( Zola , Lourdes, 1894 , p. 55).

intercesseur

A. −HIST. ECCL. Évêque qui était désigné par le primat pour administrer le diocèse pendant la vacance d'un siège épiscopal et pour promouvoir et préparer l'élection d'un nouvel évêque ( d'apr. Littré ).
B. − Celui, celle qui intercède en faveur de quelqu'un. Les saints sont nos intercesseurs auprès de Dieu ( Ac. 1835-1935 ). Faire tous les matins ma prière à Dieu (...), à mon père, à Mariette et à Poë, comme intercesseurs ( Baudel . , Cœur nu, 1867 , p. 672). Si Blaise a profité d'une bourse au lycée, qui en remerciera-t-il (...) sinon cet éternel intercesseur auprès des puissances [M. Vivoloz] ( Arnoux , Solde, 1958 , p. 63).
En emploi appos.Il daube sur les exagérations de la piété des simples, qui spécialise étroitement les saints intercesseurs, assignant à chacun sa compétence propre, commettant chacun à la protection d'un individu particulier ( Philos., Relig. , 1957 , p. 36-5).

ménestrel

Musicien ambulant ou engagé par un seigneur, qui, au Moyen Âge, accompagnait un chanteur ou qui récitait et chantait des pièces de vers, le plus souvent de sa composition, en s'accompagnant 'un instrument. Guillaume Racine, ménestrel de vielle ( Hugo , N.-D. Paris , 1832 , p. 248). [Les marchands] appellent les jongleurs et les ménestrels pour s'égayer de leur musique, de leurs chansons et de leurs contes ( Faral , Vie temps st Louis , 1942 , p.64).
Au fém., rare.C'est en 1321 que 37 ménestrels (ou ménestrelles) souscrivirent à un règlement en onze articles ( F. Lesure , La Communauté des «joueurs d'instruments» au XIV es. ds R. hist. de dr. fr. et étr., t. 31 , 1953 , p.79). En appos avec valeur d'adj. Il y avait aussi des femmes ménestrelles. La belle Doete, de Troyes, l'une des plus renommées, était également au nombre des poètes chanteurs de l'empereur Conrad, à Mayence ( Grillet , Ancêtres violon, t. 1 , 1901 , p. 343).

percepteur

Qui perçoit, qui est apte à percevoir par les sens. Centres, organes percepteurs; facultés perceptrices.C'est le langage qui permet d'établir un contact étroit entre les contenus du moi et les restes mnémiques des perceptions visuelles et surtout auditives. Dès lors la périphérie perceptrice du cortex peut être excitée, à partir de l'intérieur, sur une bien plus grande échelle ( Freud , Abr. psychanal., trad. par A. Bermann , 1949 , p. 25).
II. A.−Subst. masc.,LÉGISL. FINANCIÈRE. Fonctionnaire chargé du recouvrement des impôts directs, ainsi que des amendes et condamnations pécuniaires. Les percepteurs (en général, un par canton) sont contrôlés par le trésorier-payeur général du département ( Fin. 1976 ). V. brahmane ex. 3 : tu payes tes impôts, mais tu sais ce qu'on fait de ton argent. Tous les ans le percepteur t'envoie une lettre : Monsieur, vous avez payé tant, eh! bien, ça représente tant de médicaments pour les malades ou tant de mètres carrés d'autostrade.
Sartre , Mort ds âme, 1949 , p. 275.

bailli

A.− [En France]
1. Représentant du roi ou d'un seigneur, dans une circonscription où il exerce par délégation un pouvoir administratif et militaire, et surtout des attributions judiciaires, soit en première instance, soit comme juge d'appel des prévôts ou des hauts-justiciers. Baillis et sénéchaux;bailli de village : 1. Le beau jour où, déposant son costume d'ogre taché d'encre, il aurait la maison blanche à volets verts, une campagne à la Paul de Kock, où il jouerait le beau rôle d'un bailli de village qui, de blanches manchettes sur ses mains de bailli, fait danser la mariée qui rougit! ...
E. et J. de Goncourt , Charles Demailly, 1860 , p. 9.

SYNT. a) Bailli royal, épiscopal, abbatial; bailli seigneurial, bailli châtelain, petit bailli; baillis de robe longue, baillis de robe courte et d'épée. b) Grand bailli. ,,Ceux qui rendaient la justice au nom du roi, étaient appelés officiers royaux d'épée, baillis royaux, grands baillis; les autres se nommaient simplement baillis, et dans quelques coutumes baillis seigneuriaux`` ( St-Edme t. 1 1824). Bailli de département. ,,Officier chargé par l'intendant de la province d'Alsace de faire exécuter ses ordres, de surveiller l'administration des communautés d'habitants et de veiller au recouvrement des impositions`` (Ac. Compl. 1842).
2.Spéc. Personnage investi de fonctions judiciaires.
SYNT. Bailli de l'arsenal. ,,Officier préposé dans l'enclos de l'arsenal de Paris, pour connaître de tout ce qui était relatif aux poudres et salpêtres, à leur fabrication et à l'exécution des marchés faits à cet effet. Il jugeait les contestations qui survenaient entre les officiers, les commis, les ouvriers, les voituriers employés à l'entretien et à la conduite de l'artillerie`` ( St-Edme t. 1 1824). Bailli de la barre. ,,On donnait ce nom au chef de la justice temporelle du chapitre de l'église métropolitaine de Paris. L'appel de ses sentences se portait au parlement`` (Ibid.). Bailli chèvetain. ,,Officier de justice dont il est fait mention dans la coutume de Normandie. Ces baillis étaient spécialement établis dans cette province; ils furent originairement nommés par les ducs, puis par les grands vassaux normands, pour rendre la justice à tous les sujets de la province, quelle que fût leur condition`` (Lar. 19 e). Bailli du Palais. Magistrat compétent pour toutes les causes civiles ou criminelles dans l'enceinte du palais de justice. Bailli portatif. ,,Sorte d'huissier qui accompagnait celui qui faisait offre de paiement, et qui conservait et portait les fonds`` (Ibid.; cf. Canada 1930, selon lequel bailli désigne l'huissier [,,le bailli lui a porté un ordre``], et aussi infra B 2 b bailli errant).
B.− [À l'étranger]
1. [En Allemagne, Suisse, Franche-Comté, dans les Pays-Bas, etc.]
a) Personnage autrefois investi de pouvoirs administratifs ou judiciaires. Souverain-bailli, bailli palatin, haut bailli, grand-bailli.
b) ,,Se dit encore, dans quelques parties de l'Allemagne et en Suisse, de certains magistrats préposés à l'exécution des lois.`` ( Ac. 1835-1878 ) ,,Le grand bailli de Zürich`` ( Ac. 1835-1878 ) :

2. À son arrivée à Marbourg, et après qu'elle [la duchesse] y eut nommé, en se conformant aux avis de Maître Conrad, les officiers et baillis qui devaient administrer en son nom, le peuple de la ville se montra si empressé de rendre honneur à sa jeune souveraine, que son humilité en fut grandement blessée...

Connétable (ou chancelier)

HISTOIRE
A.− [Le connétable exerce un office]

1. Grand officier de la Couronne :

1. ... d'Andilly nous expose comment les présentations d'officiers de la Couronne, connétables, amiraux, ducs et pairs (les présentations qu'on faisait d'eux au Parlement), sont le plus difficile endroit de l'éloquence, ...
Sainte-Beuve , Port-Royal, t. 1 , 1840 , p. 68.


2. Commandant en chef des armées royales. Le roi le fit connétable, lui donna l'épée de connétable ( Ac. 1835, 1878 ). Le connétable était bien chef de l'armée, selon sa charge ( Barante , Hist. des ducs de Bourgogne, t. 4 , 1824 , p. 71).
Expr.− Félix Faure, (...), s'était mis avec nous par vanité. (...) Nous ne pouvions pourtant pas lui offrir l'épée de connétable ( A. France , Monsieur Bergeret à Paris, 1901 , p. 157).
‣ [P. réf. à l'insigne du connétable : deux épées nues brandies] Barbey d'Aurevilly, le connétable des lettres ( Cendrars , Bourlinguer, 1948 , p. 315).
Au fém.Madame la connétable. L'épouse du connétable.
B.− [Le connétable porte un titre honorifique]
1. [À la fin de l'Ancien régime] Fonction remplie au sacre du roi par un maréchal de France.
2. [Sous l'Empire] Titre donné lors de son avènement par Napoléon I er à son frère Louis (Grand connétable) et au maréchal Berthier (Vice-connétable).
P. métaph. :

2. ... il [Gerfaut, de Charles de Bernard] est aujourd'hui, comme dit spirituellement l'auteur, un de ces jeunes maréchaux de la littérature française dont Chateaubriand semble le connétable.
Sainte-Beuve , Premiers lundis, t. 2 , 1869 , p. 355.

écuyer

a) [Moy. Âge] Jeune noble qui avait pour charge d'accompagner le chevalier à la guerre, de porter son écu, de l'aider à prendre les armes, à se désarmer en attendant que lui-même soit armé chevalier. Le comte se décida à le nommer écuyer. Bérenger n'avait que quinze ans ( Jouy , Hermite, t. 4 , 1813 , p. 53) :

1. Au sortir de page, on devenoit écuyer (...). Le service de l'écuyer consistoit, en paix, à trancher à table, à servir lui-même les viandes, comme les guerriers d'Homère, à donner à laver aux convives. Les plus grands seigneurs ne rougissoient point de remplir ces offices (...). L'écuyer suivoit le chevalier à la guerre, portoit sa lance, et son heaume élevé sur le pommeau de la selle, et conduisoit ses chevaux, en les tenant par la droite (...). Son devoir dans les duels et les batailles, étoit de fournir des armes à son chevalier, de le relever quand il étoit abattu, de lui donner un cheval frais, de parer les coups qu'on lui portoit, mais sans pouvoir combattre lui-même.
Chateaubriand , Génie du christianisme, t. 2 , 1803 , p. 487.

b) [Anc. Régime] Personnage remplissant de hautes charges, à qui cette appellation est conférée à titre honorifique :

2. Comme celle des Arnauld encore, la famille Pascal était de condition et d'état recommandable plutôt que de qualité, et faisait partie du haut Tiers-État dans les charges. Étienne Pascal, maître des Requêtes, avait mérité pour ses services d'être anobli par Louis XI, notre Pascal, dans on épitaphe, est dit écuyer.
Sainte-Beuve , Port-Royal, t. 2 , 1842 , p. 454.

c) [De nos jours, en Angleterre] Tout gentleman dont le nom est suivi de cette appellation. Mon bon ami Sir John Bickerstaff, écuyer ( Courier , Pamphlets pol., Pamphlet des pamphlets , 1824 , p. 213).
2.P. ext. Officiers du roi, d'un prince, d'un grand, correspondant à différentes fonctions.
a) [Fonctions spécifiquement cavalières]
− Celui qui avait la charge de l'écurie du roi, d'un prince, d'un grand.
Grand écuyer de France, Grand écuyer ou p. abrév. Monsieur le Grand. Celui qui commandait la grande écurie du roi et tous les officiers qui en dépendaient, ce qui constituait la première charge de la couronne. M. d'Armagnac, grand-écuyer de France ( Sainte-Beuve , Port-Royal, t. 5 , 1859 , p. 189:

b) [Fonctions autres que spécifiquement cavalières]
Écuyer tranchant. Celui qui tranchait les viandes. Grand (écuyer) tranchant. Celui de la maison du roi qui avait en outre la garde de l'étendard royal. Premier tranchant. Celui de la maison de la reine. Le Rheinberg, château des comtes du Rhingau, écuyers tranchants héréditaires du Saint-Empire, éteints au dix-septième siècle ( Hugo , Rhin, 1842 , p. 278) :

5. Les potages servis, l'écuyer-tranchant découpa sur une crédence les viandes que lui portait de la table un officier de bouche, et que les valets y reportaient disséquées.
Gautier , Le Capitaine Fracasse, 1863 , p. 440.

Écuyer (de) bouche. Celui qui rangeait les plats à l'office avant de les faire servir. Écuyer de cuisine. Celui qui avait une fonction importante à la cuisine.
P. anal. [De nos jours] Écuyer de bouche, de cuisine. Maître d'hôtel dans une grande maison.
Écuyer de main. Celui qui donnait la main au roi par opposition à écuyer cavalcadour.
− Celui qui donnait la main à la reine, à une princesse, à une grande dame pour la mener, la conduire. Quatre reines portaient le manteau de l'impératrice, dont un de nous pourtant était le chevalier d'honneur et un autre l'écuyer ( Las Cases , Mémor. Ste-Hélène, t. 1 , 1823 , p. 400) :

6. Après quelques instants d'attente, la signora de Campireali parut; elle marchait avec beaucoup de peine, donnant le bras à son écuyer, qui était en grand costume et l'épée au côté...
Stendhal , L'Abbesse de Castro, 1839 , p. 234.

ÉCUYER se dit encore de Celui qui donne la main à une dame pour la mener. On ne l'emploie guère, dans ce sens, qu'en parlant D'une reine, d'une princesse, etc. Le premier écuyer de la reine. L'écuyer de la princesse.

Écuyer de main, par opposition à Écuyer cavalcadour, Celui qui donne la main au roi, pour l'aider à monter en voiture, etc.

Écuyer tranchant, Officier qui coupe les viandes à la table des rois et des princes.

Écuyer de bouche, de cuisine, Le maître cuisinier d'un prince ou d'un grand seigneur.

ÉCUYER se dit, par analogie, d'Une perche de bois fixée le long du mur d'un escalier, pour servir d'appui aux personnes qui montent ou qui descendent.

Factotum ou (Factoton familier)

Employé subalterne, sans fonction précise, qui assume des charges multiples et variées. (Quasi-)synon. serviteur, intendant, agent de service, maître-Jacques, homme à tout faire.La Nine en fit son souffre-douleur et son factotum, lui imposant son humeur et ses paquets ( Péladan , Vice supr., 1884 , p. 270). Après avoir appris la menuiserie pendant deux années, il était maintenant son factotum et son valet ( Guéhenno , Jean-Jacques, 1948 , p. 54) :

Le baron (...) savait que dans cette maison qu'il avait chargé son factotum d'acheter pour lui et de faire gérer par un sous-ordre, tout le monde, par les maladresses de l'oncle de M lle d'Oloron, connaissait plus ou moins sa personnalité et son nom...

FACTOTUM (fa-kto-tom'; on a prononcé autrefois, et on prononce quelquefois encore fa-kto-ton) s. m.

Terme familier. Celui qui fait toute chose dans une maison, auprès d'une personne.
      DESTOUCHES, Glor. I, 3: Autant que je puis m'y connaître, Vous êtes factotum de monsieur notre maître
      BEAUMARCH., Mère coup. II, 23: De valet, barbier, chirurgien, vous l'avez établi trésorier, secrétaire, espèce de factotum
    Au plur. Des factotums.

Héraut

A. −HISTOIRE
1.ANTIQ. Officier chargé de faire des publications solennelles et de remplir certaines fonctions dans les cérémonies publiques : 1. Nicias, bien malgré lui, commande l'expédition. Avant de partir, il accomplit un sacrifice, suivant l'usage. Il emmène avec lui, comme fait tout général, une troupe de devins, de sacrificateurs, d'aruspices et de hérauts.
Fustel de Coul . , Cité antique, 1864 , p. 280.

2.MOY. ÂGE.Héraut (d'armes). Officier public dont le rôle est de transmettre les messages jugés les plus importants, de régler les jeux et les cérémonies, de s'occuper des blasons. Cri d'héraut; trompette des hérauts; envoyer un héraut; mander des hérauts.Les bardes servaient d'ambassadeurs, de hérauts pour déclarer la guerre, pour demander la paix, etc. ( Baour - Lormian , Ossian, 1827 , p. 198). Elle sauvait ou condamnait l'auditeur réel ou possible, un peu comme le héraut proclame la loi que, dès lors, nul n'est censé ignorer. Pourquoi? ( Philos., Relig. , 1957 , p. 44-16) :

2. ... puis il fit signe au duc d'Orléans de s'asseoir entre le duc de Bourgogne et le duc de Bourbon. Les hérauts d'armes commandèrent le silence, et le chancelier de France ayant annoncé que les princes étaient réunis par les ordres du roi pour jurer l'observation des articles de la paix, un secrétaire en donna lecture à haute voix, puis le duc de Guyenne fit apporter les saints évangiles...
Barante , Hist. ducs Bourg., t. 3 , 1821-24 , p. 288.

En partic.Baptême des hérauts. Cérémonie qui se pratiquait à la nomination d'un héraut. ( Dict. xix e et xx e s. ). Héraut des ordres du roi. Officier de la maison particulière du roi. ( Dict. xix e et xx e s. ).
B. −Au fig. Celui qui annonce la venue de quelqu'un ou de quelque chose ou qui en chante les louanges. Héraut de la Légion d'honneur ( Stendhal , Journal, 1804 , p. 120). Il serait le héraut de leurs gloires ( Balzac , Illus. perdues, 1839 , p. 250). Constantin Stanislavsky, héraut du naturalisme et du vérisme psychologique ( Arts et litt., 1935 , p. 64-6).
P. métaph.Il est vrai que la cloche est un ustensile à part (...) elle est le héraut de l'Église, la voix du dehors comme le prêtre est la voix du dedans ( Huysmans , Là-bas, t. 1 , 1891 , p. 62).

iconographe

A. − Étude méthodique des représentations plastiques (peintures, sculptures, gravures) d'un sujet donné (personne, époque, thème, symbole, lieu, civilisation, religion), avec leurs sources, leurs significations et leur classement. Iconographie égyptienne, religieuse, romane.Au point de vue de l'iconographie des nains l'œuvre de Velasquez est tout particulièrement importante ( Pagniez ds Nouv. Traité Méd., fasc. 8 , 1925 , p. 15). Les âges de la vie (...) sont un des thèmes les plus fréquents de l'iconographie médiévale ( Mounier , Traité caract., 1946 , p. 160) : Ainsi se constitua une nouvelle science de l'iconographie, qui ne se borna plus à énoncer et cataloguer les caractéristiques d'un sujet, comme l'avaient fait au xix e siècle A. N. Didron et le R. P. Cahier. Lui donnant une impulsion définitive, Émile Mâle entreprenait de chercher leurs sources, leur évolution, leurs interférences...
Huyghe , Dialog. avec visible, 1955 , p. 425.


B. −P. ext. Ensemble de ces représentations, répertoriées et classées; ouvrage qui les contient. Iconographie chrétienne, bouddhique, musulmane; iconographie d'une église, d'un saint; iconographie du Moyen Âge.À Auxerre, dans la cathédrale, il y a une Sibylle derrière le chœur (voir p. 161 de l'Iconographie des Sibylles, par Barbier de Montault) ( Barrès , Cahiers, t. 11 , 1919 , p. 212). La belle iconographie anatomopathologique de Maurice Letulle et de son collaborateur Normand ( Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946 , p. 100).
En partic., vx. Ensemble des portraits connus (authentiques) d'un personnage historique. L'iconographie moliéresque ( Ac. 1935 ). Un de mes rêves serait de publier une iconographie de Pascal. J'y mettrais ce tableau ( Barrès , Cahiers, t. 6 , 1907 , p. 30).
C. − Images et illustrations d'une publication. Iconographie d'un livre d'art, d'un ouvrage d'archéologie.L'admirable brochure de M. Romain Rolland [sur Beethoven] à laquelle nous renvoyons pour (...) l'iconographie ( Prod'homme , Symph. Beethoven, 1921 , p. x ).

Marguillier ou Fabricien

Membre du conseil de fabrique (Ensemble des biens matériels d'une église paroissiale, revenus affectés à son entretien, gestion matérielle de ces biens et revenus) d'une église paroissiale, notamment sous le régime du Concordat. Établi ici et richement marié (?), il est marguillier de la paroisse; sa femme bâtit une chapelle à leur maison de campagne ( Michelet, Journal, 1844 , p. 571). Celui qui fit bâtir cette maison fut, j'imagine, quelque gros bourgeois du temps ayant sa stalle dans le choeur et sa métairie hors la ville, qui était marguillier de l'église et doit y être enterré quelque part ( Flaub., Champs et grèves, 1848 , p.276).
B. − ,,Laïc chargé de la garde et de l'entretien d'une église`` ( Rob. ). Synon. usuel sacristain.
REM. 1.Marguillerie, subst. fém., vx. Charge de marguillier. Briguer la marguillerie de sa paroisse; on lui a donné plusieurs voix pour la marguillerie ( Ac. 1835, 1878 ). 2.Marguillière, subst. fém., fam. Femme de marguillier. Nous avons mis tous nos soins, Mimi, moi et Rose la marguillière, à faire ce reposoir, aidées que nous étions de M. le Curé ( E. de Guérin, Journal, 1835 , p. 61).

ménestrier

Nicot, Thresor de la langue française (1606))

Menestrier, Tibicen, Auletes, Mneste, huius mnestes, mnêttê idem valet quod Sponsa: Mnester, huius mnesteris, mnêstêr, est qui puellae nuptias ambit, Procus. Erant igitur Mnesteres, qui nupturas puellas cantu et musicis ambibant, Qui alloyent chanter des chansons et jouer des instrumens de musique, ou donner des aubades à l'huis de celles qu'ils aimoyent, Hodie remansit nomen duntaxat musicis, quum esset procorum. Sunt qui a mimo et histrione compositum putent, Les anciens Romans escrivent Menestrel.

Avoir un menestrier jouant de la fleute pendant qu'on sacrifie, Immolare ad tibicinem.

Quand parmi une comedie les menestriers jouoyent, pour retenir et amuser le peuple, ce temps pendant que nouveaux joueurs venoyent, Intercinere.

Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition (1694)

MENESTRIER (Page 41)

MENESTRIER. s. m. Vieux mot qui signifioit autrefois toute sorte de joüeurs d'instruments pour faire danser.

Il se prend aujourd'huy plus particulierement, mais tousjours en raillerie pour un joüeur de violon. Il avoit des Menestriers à sa noce. faites joüer les Menestriers.

MENEUR. &brace; Voy MENER.

MENOTE. &brace; Voy MAIN.

Prévôt

  • HISTOIRE
    A.HIST. DU DR.
    1. [Sous l'Ancien Régime]
    a)Prévôt (royal). Officier de justice subalterne qui avait compétence pour juger en première instance les causes ne relevant pas de la juridiction des baillis et des sénéchaux. Dans quelques provinces, le prévôt royal avait le titre de Châtelain; dans d'autres, celui de Vicomte; et dans d'autres, celui de Viguier ( Ac. 1835, 1878 ). Le Parlement, tribunal judiciaire normal, se transforme, dès le milieu du XIII es. (...) en juridiction d'appel des sentences prononcées (...) par les tribunaux royaux (des prévôts et des baillis) ( La Gde encyclop., Larousse, t.11 , 1972 , p.2297).
    b)P. ext. Officier civil ou judiciaire, investi d'une autorité juridictionnelle, administrative ou militaire. On donnait autrefois en France le nom de prévôt à plusieurs officiers chargés en chef des diverses fonctions publiques ( St - Edme t.5 1828 ).
    (Grand) prévôt de la connétablie, prévôt général de la connétablie. Officier qui commandait les gardes de la connétablie et qui instruisait les procès des gens de guerre. Le prévôt de la connétablie était un magistrat placé sous les ordres du connétable ( Quillet 1965 )
  • Domaine milit. Officier de gendarmerie ayant sous son commandement une prévôté (v. ce mot II). Prévôt de corps, d'armée, de division, de régiment. Grand prévôt. Commandant supérieur de la gendarmerie du quartier général d'une armée. Les grands prévôts et prévôts jugent seuls, assistés d'un greffier; ils n'ont d'ailleurs à connaître que des contraventions de police commises par des militaires, des infractions aux réglements relatifs à la discipline ou des infractions dont la peine ne peut excéder six mois de prison et 200 francs d'amende ( Nouv. Lar. ill. ).
    C.RELIG.(Père) prévôt. Supérieur de certains ordres religieux. Dans les monastères le prévôt gardait les clefs des archives et du trésor des chartes ( Lenoir , Archit. monast. , 1856 , p.379).
    III.Arg., vieilli. Détenu choisi parmi les autres prisonniers pour remplir des fonctions de surveillant auxiliaire ou de chef de chambrée. Il est prévôt de sa chambrée [des prévenus] ( Sue , Fleur de Marie , 1857 , p.141).

Protonotaire

HISTOIRE
1. [Nom donné par les historiens au premier notaire des empereurs romains] (Dict. xix e et xx e s.).
2. [Nom donné par les historiens modernes à divers dignitaires laïcs importants du Moy. Âge : archichancelier ou chef de la chancellerie, grand officier de la Maison des empereurs d'Allemagne, référendaire sous les premiers rois carolingiens, secrétaires royaux ou princiers de plusieurs cours de l'Europe] Ma mère voulait me faire officier, mon père sous-diacre, ma tante conseiller aux enquêtes, ma grand'mère protonotaire du Roi ( Hugo , N.-D. Paris, 1832 , p. 459). Ce n'est point ces greffiers et ces parfaits notaires que nous invoquerons sur les bords éternels. Ce n'est point les dossiers de ces protonotaires que nous alléguerons aux bords intemporels ( Péguy , Ève, 1913 , p. 872).
B.−ADMIN. DE L'ÉGLISE
1.RELIG. CATH.Pronotaire (apostolique). Prélat du Vatican, non revêtu du caractère épiscopal, supérieur en titre aux autres notaires apostoliques. [Hors de Rome] Titulaire d'une dignité honorifique obtenue par un rescrit pontifical donnant droit au titre de Monseigneur.Le protonotaire s'installe pour quinze jours. (...) [Au manoir] les nuages prennent progressivement la teinte des boutons de la robe du protonotaire ( H. Bazin , Vipère, 1948 , pp. 238-239).
Protonotaire participant. Protonotaire officiel de la cour de Rome qui exerce pleinement sa charge. Un autre Monsignor ainsi intitulé : Abbate Palmieri, prélat domestique, un des sept protonotaires participants du Saint-Siège ( Hugo , Misér., t. 1 , 1862 , p. 738). La procession éternelle et toujours recommençante de toute cette cour de l'Église allant recevoir les rameaux des mains du Saint-Père : les cardinaux, les patriarches, (...), les protonotaires apostoliques participants et honoraires ( Goncourt , M meGervaisais, 1869 , p. 81). Protonotaire à l'instar (des participants). ,,Celui qui a été investi d'une prélature de premier ordre accordée à des ecclésiastiques ne faisant pas partie du Collège des protonotaires`` ( Ac. 1935 ). Protonotaire honoraire ou titulaire. Protonotaire qui n'a que le titre. V. supra ex. de Goncourt.
2.RELIG. ORTHODOXE. ,,Titre d'un des grands officiers du patriarche, qui lui sert comme de secrétaire`` ( Littré ).
C.−Région. (Canada). ,,Fonctionnaire chargé de l'enregistrement des actes dans un bureau régional`` ( Bél. 1974 ). La déposition du testament olographe de feu Malcolm McDowey, au greffe du protonotaire du district de Québec, a révélé que la famille Espéry de Lignères est à la recherche d'un de ses membres disparu depuis près de huit ans, Malcolm-Petit ( Guèvremont , Survenant, 1945 , p. 277).

Requestes

(Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition (1694))

On appelle, Maistre des Requestes, Les Magistrats qui rapportent les Requestes des particuliers dans le Conseil du Roy. Une Charge de Maistre des Requestes. Doyen des Maistres des Requestes. Ces Magistrats ont aussi un Tribunal au Palais, qu'on nomme, Les Requestes de l'Hostel. les Maistres des Requestes de nostre Hostel Juges souverains en cette partie. il a ses causes commises aux Requestes de l'Hostel.

Requeste. s. f. v. Demande qu'on fait en priant. La requeste que je vous fais. il m'a fait une requeste incivile.

Il se dit plus ordinairement de certains Actes judiciaires, par lesquels on demande quelque chose aux Juges. Requeste verbale. requeste par escrit. presenter requeste au Conseil, au Parlement. donnez vostre requeste. un tel Juge a rapporté ma requeste, est chargé de ma requeste. il demande par sa requeste. il y a tant de chefs à sa requeste. sa requeste tend, va à telle fin. les fins, les conclusions d'une requeste. on a enteriné, accordé sa requeste. on a rejetté sa requeste. sans avoir esgard à la requeste. on a mis neant au bas de sa requeste. respondre, signer une requeste. sa requeste fut communiquée aux gens du Roy. debouté de requeste. demandeur en requeste. on a ordonné que la requeste sera jointe au procés. on a prononcé sur sa requeste. Arrest sur requeste. Requeste civile.

Silentiaire ou silenciaire

(Émile Littré, Dictionnaire de la langue française (1872-1877)I. −Substantif
A. −Subst. masc.,HIST.
1.
a) Sous le Bas Empire romain, huissier, affranchi ou non, chargé de faire régner l'ordre et le silence dans les réceptions. Pourquoi, enfin, ne parleriez-vous pas, vous-même, dans la plénière indépendance de votre plus crâne mépris, à la stupeur énorme des silentiaires du Bas-Empire, qui se croient si sûrs, n'est-ce pas? qu'aucun mâle n'oserait élever la voix pour un tel proscrit? ( Bloy, Journal , 1894 , p. 116).
b) À Byzance, officier chargé d'ordonner les audiences impériales. ( Dict. xix e et xx e s. ).
2. Sous le Bas Empire romain, garde de l'empereur ( Dict. xix e et xx e s. ).
B. −Subst., littér.
1. Personne encline à garder le silence, qui ne parle pas ou qui parle peu ( Dict. xix e et xx e s. ).
2. Religieux, religieuse qui par règle observe un silence monacal. Les trappistes sont des silentiaires ( Dict. xix e et xx e s. ). Saint Jean le Silentiaire.V. encuirasser ex. de Chateaubriand.
II. −Adj., littér., rare. [En parlant d'une pers. ou d'une chose] Qui réduit au silence. S'il ouvrait [sa porte], c'était à peine (...) de sa main libre, dessinant de grands gestes silentiaires, comme s'il y avait eu, dans sa demeure, un agonisant sublime ( Bloy, Hist. désobl. , 1894 , p. 44).

Scribouillard

Employé aux écritures, notamment dans l'armée. Synon. bureaucrate, gratte-papier. Et quand le scribouillard nous a demandé: « Avez-vous des enfants à légitimer? » J'ai répondu: « Oui, m'sieu, un » ( Arnoux, Paris , 1939 , p. 198). Et quelqu'un d'autre (...), un scribouillard de la justice militaire, signalait que l'on avait dérobé un bachot (...). On exigeait une sanction ( Cendrars, Main coupée , 1946 , p. 225).

Surintendant

A. − 1.HIST. [Titre de l'administrateur en chef d'un service ou d'un domaine d'activité] Le gouvernement de Louis XIV était donc dans le vrai, à son point de vue, en établissant l'Académie des beaux-arts; car il admettait qu'il y eût une architecture officielle, et la preuve, c'est que tous les projets de bâtiments qui s'élevaient sur la surface du royaume, étaient soumis à l'examen du surintendant Lebrun ( Viollet - Le - Duc , Archit. , 1872 , p. 149).
En partic.
Surintendant général des Bâtiments du roi. [Titre de l'administrateur des palais royaux] La solution pratique du problème est due à Colbert. Dès 1662, le surintendant des bâtiments avait acheté sur les bords de la Bièvre l'hôtel des frères Gobelins, teinturiers en écarlate, et des terrains attenants. Il avait fait construire des bâtiments et réuni des artistes ( Viaux , Meuble Fr. , 1962 , p. 70).
Surintendant général de la Navigation. [Titre, de 1627 à 1669, du grand amiral de la flotte royale] En 1626, Louis XIII, supprimant la charge d'Amiral de France qui existait depuis le XIV esiècle, institua celle de « Grand Maître, Chef et Surintendant général de la Navigation et Commerce de France » qu'il confia à Richelieu ( M. Benoist , Pettier , Transp. mar. , 1961 , p. 150).
Surintendant des Beaux-Arts. [Titre, sous le Second Empire, du ministre chargé des Beaux-Arts] Je l'ai rencontré promenant dans les salons du surintendant des Beaux-Arts l'échine courbe d'un mendiant de places ( Goncourt , Journal , 1889 , p. 1082).
Surintendant général des Finances. [Titre porté par le responsable suprême des finances du royaume, jusqu'en 1661] (Dict. xix e et xx e s.).
2.RELIG.,vx. Dans certaines Églises réformées, pasteur qui exerce une autorité de présidence dans une circonscription ecclésiastique. Les rabbins juifs, les ministres protestants, les surintendants des églises luthériennes ( Bern. de St -P. , Chaum. ind. , 1791 , p. 69).
B. −Vieilli. Personne chargée de la gestion d'une maison, d'un établissement. La chère Suzanne à nous, chargée de toute la confiance, sera notre surintendant, commandera la domesticité, aura la grande main sur tout ( Beaumarchais , Œuvres compl., t. 2, Théâtre, La Mère coupable, Paris, L. Collin , 1809 [1797] , I, 4, p. 346).

Troubadour

Voir aussi

Minnesinger

A. −HIST. LITTÉR. Poète qui, aux xii e et xiii e s., dans le Midi de la France, composait en langue d'oc des poèmes, satires, ballades, etc., avec leur accompagnement musical, et qui allait de château en château, propageant les valeurs de la société courtoise. L'émir nous envoya (...) ses chanteurs, qui improvisèrent des vers arabes en notre honneur (...). Ils sont exactement ce qu'étaient les troubadours dans les châteaux du moyen âge ( Lamart. , Voy. Orient, t. 1 , 1835 , p. 251). Guillaume de Poitiers, le premier des troubadours connus, célébrait, au XII esiècle, les « lois » de l'amour; un autre, qu'on appelle le dernier troubadour, Guiraut Riquier, énumérait les « degrés » du vrai amour ( Jeux et sports , 1967 , p. 813). V. esthète ex. 1.
P. métaph.La nature a ses temps de solennité, pour lesquels elle convoque des musiciens de toutes les régions du globe. On voit accourir de savans artistes avec des sonates merveilleuses, de vagabonds troubadours qui ne savent chanter que des petites ballades à refrain, des pèlerins qui répètent mille et mille fois les couplets de leurs longs cantiques. Le loriot siffle ( Chateaubr. , Génie, t. 1 , 1803 , p. 170). Le Rhin est un burgrave, et c'est un troubadour Que le Lignon ( Verlaine , Poèmes saturn. , 1866 , p. 84).
B. −P. anal., parfois iron.
1. Poète, chanteur appartenant à une autre époque que le Moyen Âge. Synon. trouvère (v. ce mot B). Celui qui chantera les jours évanouis, (...) cueillera l'injure. La foule passera, disant: Va, troubadour, Chante-nous des chansons et des sonnets d'amour ( Quinet , Napoléon , 1836 , p. 321). Nous menacer, par les parleurs de la langue d'oc, de ce troubadour en retard, le nommé Mistral, comme remplaçant d'Hugo ( Goncourt , Journal , 1894 , p. 626).
En appos. avec valeur d'adj. Qui rappelle les troubadours du Moyen Âge par son aspect ou son esprit poétique suranné. Romans (...) à style douceâtre, fabriqués par des séminaristes troubadours ou des bas bleus repenties ( Flaub. , M meBovary, t. 2 , 1857 , p. 56). Quelle pose troubadour, cet écrivain sur son rocher, la plume aux doigts et les yeux sur les nuages! ( Zola , Doc. littér., Chateaubr. , 1881 , p. 11).
2.Vieilli. Amoureux platonique, soupirant.

Sénéchal

Voir aussi

dapifer

1. Officier du palais royal, remplissant le rôle des anciens maires du palais sous les Mérovingiens et les Capétiens, puis exerçant des fonctions militaires, de finances et de justice sous les Capétiens jusqu'au xiii e s. Grand sénéchal (de France).Le maire du Palais [sous les Carolingiens] fut remplacé dans ses fonctions matérielles par le sénéchal, officier dont le nom est germanique et dont l'origine l'est probablement aussi ( Fr. Olivier - Martin , Hist. du dr. fr. , 1984 [1950] , p. 45).
2. [Au Moy. Âge] Officier chargé de l'intendance de la maison d'un seigneur. Le chevalier (...) entre à son tour dans le château; son sénéchal lui tient l'étrier; il met pied à terre ( Faral, Vie temps st Louis, 1942 , p. 34).
B. − Officier royal qui, sous l'Ancien Régime, exerçait des fonctions d'administration et de justice au Sud de la Loire et dans l'Ouest, équivalant à celle des baillis dans le Nord.

Tabellion

Selon Nicot, Thresor de la langue française (1606)

Tabellion, m. acut. Est un mot usurpé du Latin Tabellio, par la mesme forme que le François dit de Scipio, Cicero, Cato, Scipion, Ciceron, Caton, et vient de Tabella, diminutif de Tabula, qui estoit envers les anciens Romains une tablete de bois quarrée plus longue, plastrée de cire, en laquelle avec un poinçon ou broche de fer ils gravoyent leurs actes d'entre privées personnes, mesme leurs lettres missives; lequel poinçon ils appeloyent style. (car quant aux actes et monuments publiques, ils estoyent en plus commun usage, gravez ou en des grands et larges tableaux de fonte ou de cuyvre avec le burin et l'eauë fort, ou de marbre et autre pierre dure, comme l'est la Tyburtine avec le ciseau,) Or n'y avoit il anciennement entre les Romains des personnes establies par adveu et auctorité souveraine, pour rediger par style esdites tabletes cirée, les convenances et contracts qui advenoyent entre les privées personnes, fussent ils d'entre vivants ou de derniere volonté. Mais estoyent redigez entre ceux qui contractoyent, presques en la maniere des seellez jadis tant usitez entre les gentils-hommes François, et desquels les Archifs des Eveschez du pais de Nort sont pleins, et depuis declinant l'Empire ils furent establis en trop plus de grandeur d'office qu'il n'est en France, ou Tabellions sont dits ceux qui passent és villes de moindre importance, et és bourgs et villages, les actes d'entre personnes privées, nous servants en cela du diminutif Tabella, dont ce vocable est tiré, ne daignants du nom de Notaires, que ceux qui sont establis és villes de respect.

1.ANTIQ. ROMAINE. Officier public chargé de la rédaction des contrats et des actes publics. Il existait dans l'Orient grec, et surtout en Égypte, des notaires publics, qui pouvaient rédiger les contrats. Il est probable que c'est à leur imitation que se constitua dans l'Empire la classe des tabellions qu'on trouve à l'époque d'Ulpien avec un caractère officiel ( Lavedan 1964 ).
2. [Au Moy. Âge] Officier public faisant office de notaire dans les juridictions subalternes. Il est certain qu'un tabellion d'Andelot (...) requis par messire Jean de Torcenay, bailli de Chaumont (...) se transporta à Domremy ( A. France , J. d'Arc, t. 2 , 1908 , p. 239). V. scelleur dér. s.v. sceller ex.
3. [Sous l'Ancien Régime] Fonctionnaire chargé de mettre en grosse les actes dont les minutes étaient dressées par les notaires. Les tabellions étaient à l'origine distincts des notaires: ils gardaient les minutes et délivraient des expéditions des actes que rédigeaient les notaires ( Marion Instit. 1923 ).
B. −Fam., plais., parfois péj. Notaire. À propos, j'ai fait tout ce voyage accosté d'un brave notaire de province qui a son officine dans je ne sais plus quelle petite ville du midi (...). Aucune conversation possible, bien entendu. Ce digne tabellion sent le papier timbré comme le lapin de clapier sent le chou ( Hugo , Rhin , 1842 , p. 350). Ces pièces de monnaie ne faisaient que passer entre leurs mains, et s'en allaient tout de suite chez le notaire! Ils les alignaient au bord de la table, sous le regard indifférent du tabellion, qui leur griffonnait une quittance sur un bout de papier

Vacations ou maitre de séance

A. − Temps consacré par un juge, un notaire, un expert à l'examen d'une affaire ou à l'accomplissement de certaines fonctions. Payer des frais de vacations.Le juge qui a assisté à l'audience d'hier, peut assister à une audience aujourd'hui; mais c'est une nouvelle vacation, qu'il faut payer sur nouveaux frais ( Say , Écon. pol. , 1832 , p. 477). Les conseillers [nationaux], croyons-nous savoir, seraient rétribués « par vacations » et donc dans la mesure où ils tiendraient séance et fourniraient un travail effectif ( L'Œuvre , 21 mars 1941 ).
En partic. Séance de vente aux enchères. [Nana] s'était donné l'émotion d'une vente, balayant tout, l'hôtel, les meubles, les bijoux, jusqu'aux toilettes et au linge. On citait des chiffres, les cinq vacations produisirent plus de six cent mille francs ( Zola , Nana , 1880 , p. 1471). Les deux premières vacations de printemps de Galliera concernaient deux collections de styles bien différents ( Le Figaro littér., 1 er avr. 1968 , p. 40, col. 2).
B. − 1. ,,Séance de travail dont la durée s'exprime généralement en heures ou demi-journées, qu'une personne consacre à une activité rémunérée`` ( Sournia 1973 ). Être payé sur vacations, en (heures de) vacations, à la vacation; le régime des vacations; tarif des vacations.Le régime du travail [des dockers] comporte soit des vacations de quatre heures, soit des périodes continues (...) de huit heures ( M. Benoist , Pettier , Transp. mar. , 1961 , p. 174).
2.P. méton., au plur. Rémunération versée pour chaque séance de travail. Frais d'examen des malades, honoraires médicaux, frais de déplacement, vacations, matériel ( Réformes Sécur. Soc. , 1968 , p. 16).
C. −Spécialement
1.INFORMAT. ,,Temps réservé à l'exécution d'une tâche`` ( Ging. - Lauret 1982 ). Transmission à distance de fichiers à la vacation en dehors des heures d'exploitation du système (la nuit, le soir) ( Ging. - Lauret 1982 ).
2.RADIO, TRANSMISSIONS. Tranche horaire pendant laquelle un utilisateur peut émettre. Arris appelait au secours à chacune de ses vacations radio. Toutes les liaisons téléphoniques de l'Aurès étaient coupées ( Y. Courrière , La Guerre d'Algérie, Le Fils de la Toussaint , 1968 , p. 356).
II. A. −Littér. Synon. de vacance (v. ce mot I C). Cet auditoire était en état de vacation, d'absence. Les yeux qui se baissaient vers les doigts rongés et tachés d'encre étaient sans regard ( Druon , Gdes fam., t. 1 , 1948 , p. 92).
B. −Au plur.,DR. Synon. de vacances judiciaires (v. vacance II A 1). Nous entrions en pleines vacations et mes affaires du palais me laissaient toute liberté ( G. Leroux , Parfum , 1908 , p. 14). Pendant les vacations, une chambre du tribunal ou de la Cour d'appel est chargée de statuer sur les litiges urgents ( Lemeunier 1969 ).
Chambre* des vacations.

Précepteur

(Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition (1762) s.m. Celui qui est chargé de l'instruction & de l'éducation d'un enfant, d'un jeune homme. Habile Précepteur. Savant Précepteur. Cet homme a pris un tel pour Précepteur de son fils. Il a donné un Précepteur à son fils. Cet Évêque a été Précepteur du Roi, Précepteur de Monseigneur le Dauphin, &c.

Tribun

A. −HIST. ROMAINE
1. Représentant élu de la plèbe chargé de la défense des droits et des intérêts des plébéiens contre les patriciens et les consuls et dont le pouvoir, très important, était limité à Rome et à sa banlieue. Tribun de la plèbe, du peuple. La loi disait: On ne fera rien à l'encontre d'un tribun; donc si ce tribun convoquait la plèbe, la plèbe se réunissait, et nul ne pouvait dissoudre cette assemblée, que la présence du tribun mettait hors de l'atteinte du patriciat et des lois. Si le tribun entrait au Sénat, nul ne pouvait l'en faire sortir ( Fustel de Coul. , Cité antique , 1864 , p. 385).
2. Chef exerçant, seul à l'origine, le commandement d'une légion, puis, par la suite, à tour de rôle avec cinq autres tribuns. Tribun militaire; tribun des soldats, des légions. Eudore (...) jadis tribun de la légion britannique, maître de la cavalerie, préfet des Gaules, paroîtra demain au tribunal de Festus ( Chateaubr. , Martyrs, t. 3 , 1810 , p. 146).
En partic. Tribun des soldats jouissant des pouvoirs consulaires aux v e et iv e s. avant J.-C. et dont l'institution disparut lorsque le consulat fut accessible aux plébéiens. Pour le consulat, plutôt que de le partager, ils aimèrent mieux qu'il n'y eût plus de consuls, et que le commandement des troupes restât entre les mains des tribuns militaires qui étaient tirés des deux ordres, et qui n'avaient point le droit de prendre les auspices. Je soupçonne fort ces tribuns militaires de n'avoir été autres que les tribuns des légions ( Michelet , Hist. romaine, t. 1 , 1831 , p. 132).
B. −P. anal.
1.Vieilli, péj. Factieux cherchant à soulever le peuple en feignant de défendre ses intérêts. [Bonaparte] fut réduit à se refaire tribun du peuple, à courtiser la faveur des faubourgs, à parodier l'enfance révolutionnaire, à bégayer un vieux langage de liberté ( Chateaubr. , Mém., t. 2 , 1848 , p. 595).
2. Orateur à l'éloquence puissante, directe et sachant s'adresser à la foule. Thiers dit au tribun de la République: « Gambetta, vous avez été imprudent. Oui, vous avez été imprudent!... » ( Goncourt , Journal , 1875 , p. 1097). Le socialisme doctrinaire a eu en France quelques bons journalistes. Il n'en a eu qu'un de premier plan, qui était, en même temps, un tribun remarquablement doué, Jaurès. Il avait l'image prompte, le geste large, la voix sonore et, à l'occasion, de la bonhomie ( L. Daudet , Brév. journ. , 1936 , p. 126).
3. Celui qui se fait le défenseur actif et vibrant d'une cause, d'une idée.

crédentier

x. Personne attachée au service du repas.
A.− Personne chargée de goûter les mets pendant l'essai. Attesté ds DG, Nouv. Lar. ill.-Lar. Lang. fr., Rob., Quillet 1965.
B.− [Dans une grande maison, un collège, un séminaire, etc.] Personne chargée de la crédence (office), ,,de la garde et de la distribution des provisions de bouche`` ( Ac. 1835, 1878 ).
Prononc. et Orth. : [k ʀed ɑ̃sje]. Ds Ac. 1835 et 1878. Étymol. et Hist. 1. 1552 credentier « celui qui goûtait les mets et les boissons à la table des princes » ( Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, chap. LXIV, p. 258); 2. 1835 crédencier « préposé à la distribution des vivres dans un établissement » (Ac.). Dér. de crédence*; suff. -ier*.